L’Association Centre Sahel a restitué, hier jeudi 2 juillet 2026, à l’hôtel Radisson Collection, les résultats de son sondage national d’opinion publique, réalisé entre le 2 et le 12 mai 2026, auprès d’un échantillon rigoureux de 2 320 personnes. Cette enquête scientifique lève le voile sur les perceptions des citoyens maliens concernant les autorités actuelles, les réformes en cours et les urgences nationales. Il y ressort : « plus de 80% de la population sondée approuve la gestion de la transition ».
Les chiffres présentés par le statisticien, Sidiki Guindo, président du GISSE (Groupement d’intérêt scientifique des statisticien économistes), sont sans équivoque.
« Plus de 80 % des Maliens interrogés affichent une opinion favorable à l’égard de la gestion globale de la Transition (48% se déclarent ‘’très satisfaits’’ ; et 36 % ‘’plutôt satisfaits’’ ».
Cette adhésion populaire franchit même la barre des 90% lorsqu’il s’agit d’évaluer l’action spécifique du Président de la Transition.
Sur le plan géographique, le soutien reste massif. « Quelle que soit la région, il y a au moins 65% des citoyens qui se disent satisfaits.
Toutefois, l’étude note des nuances territoriales : les régions de Gao, Mopti et Taoudénit enregistrent les taux d’insatisfaction les plus notables,
« Gao affiche par exemple un taux d’opinion favorable en deçà de la moyenne nationale, bien que stabilisé à 70%. » a-t-il souligné !
Et d’ajouter : « Le sondage bouscule l’agenda politique traditionnel en redéfinissant les priorités populaires.
Interrogés sur l’opportunité d’organiser rapidement des élections, 86,7% des sondés estiment que la tenue des scrutins n’est pas une priorité immédiate.
Pour les populations, l’urgence absolue se trouve ailleurs : « La sécurité avant tout : Pour 67% des Maliens, la première action que les autorités doivent mener rapidement reste la lutte contre le terrorisme et la consolidation de la sécurité territoriale. La moralisation de la vie publique : La lutte contre la corruption émerge de façon constante comme le second pilier d’action attendue par les citoyens ».
L’enquête met en lumière un contraste saisissant entre la perception des actions de terrain et celle des réformes institutionnelles.
Si les initiatives de proximité : telles que les constructions de forages ou les distributions de dons alimentaires bénéficient d’une forte notoriété (allant de 40% à 50% d’avis positifs), les réformes juridiques souffrent d’un important déficit de communication », a-t-il confirmé.
Plus de 80% de la population ignore l’existence des réformes institutionnelles en cours.
Un décalage que le statisticien explique par la nature écrite des réformes face à un défi structurel majeur : « Plus de 40% de la population n’a aucun niveau d’instruction formelle », a-t-il expliqué.
Cette base de données inédite, collectée entre le 2 et le 12 mai, se veut une boussole pour l’avenir. Elle offre aux décideurs publics, aux chercheurs et à la société civile une matière brute et objective pour réorienter les politiques publiques, restaurer la confiance entre les citoyens et le système démocratique, et nourrir les dynamiques de dialogue national.
Face aux spéculations politiques, le président du Centre Sahel a tenu à rappeler « la neutralité absolue de la démarche lors de son allocution : Les résultats présentés ne constituent ni un plaidoyer, ni une prise de position politique. Ils sont le reflet des opinions exprimées selon une méthodologie scientifique rigoureuse ».
Amadou Traoré