La campagne pour l’élection présidentielle du 12 avril a officiellement démarré ce vendredi 27 mars au Bénin. Deux duos sont en lice pour succéder au président Patrice Talon, au terme de ses dix années au pouvoir. D’un côté, Romuald Wadagni et sa colistière Mariam Talata, portés par la majorité présidentielle ; de l’autre, Paul Hounkpè et Judicael Hounwanou, qui représentent l’opposition dite modérée.
Mais au-delà de l’ouverture de la campagne, c’est surtout le ralliement d’Éric Houndété au camp du pouvoir qui retient l’attention. Figure importante du parti d’opposition Les Démocrates, il a officiellement apporté son soutien au duo Wadagni-Talata. Ce choix politique marque un tournant, d’autant plus qu’il s’agit de la troisième personnalité influente de cette formation à se rapprocher du candidat soutenu par la mouvance présidentielle.
Ce soutien a été affiché lors d’une cérémonie tenue hier jeudi 26 mars 2026 à Cotonou au cours de laquelle plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile ont signé un « Pacte républicain » en faveur de Wadagni et Talata. Éric Houndété, qui a longtemps incarné une voix très critique envers le pouvoir, a été le premier à signer ce document. Il a justifié sa démarche en appelant à l’unité et à la préservation de la paix, tout en demandant que « la critique de l’action publique reste et demeure un levier important » dans la conduite du pays.
Ce ralliement n’a pas tardé à provoquer une réaction au sein de son parti. Dans la soirée, Les Démocrates ont annoncé la suspension d’Éric Houndété ainsi que de plusieurs autres militants. Déjà absent de la course présidentielle, faute de parrainages validés, le principal parti d’opposition apparaît ainsi davantage fragilisé à l’ouverture d’une campagne de deux semaines, où chaque soutien peut désormais peser lourd.
Jeremy Ahossou