À peine les 117 communes du Togo ont-elles adopté leurs budgets primitifs pour 2026 que le gouvernement sonne l’alerte. Le ministre des Collectivités locales, Hodabalo Awaté, a mis en garde les maires contre des prévisions jugées irréalistes, pointant des projets trop ambitieux et des dépenses déconnectées des ressources réellement mobilisables. Selon lui, un fossé préoccupant s’est creusé entre les attentes affichées par les exécutifs locaux et les capacités financières effectives.
Dans de nombreuses communes, les priorités inscrites au budget — réhabilitation de routes, assainissement, éclairage public, forages ou encore gestion des déchets — répondent pourtant aux besoins pressants des populations. Mais ces ambitions se heurtent à une contrainte majeure : le manque de moyens. Pour l’année 2026, l’État togolais ne prévoit que 12 milliards de francs CFA au titre du Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT), une enveloppe à répartir entre 117 communes, de Lomé à Cinkassé, ce qui limite fortement les marges de manœuvre.
Malgré cela, certaines municipalités ont bâti des budgets dépassant de 30 % à 50 % les ressources attendues, entre transferts de l’État et recettes locales. Une situation que le ministre Awaté qualifie de « budgétisation-fiction », rappelant que la décentralisation ne signifie pas une autonomie financière totale, mais exige davantage de discipline, de réalisme et de responsabilité dans la gestion publique.
Face à ces dérives, le gouvernement a décidé de reprendre les budgets « crayon en main ». Du 13 au 16 janvier 2026, une commission interministérielle examinera l’ensemble des documents budgétaires afin de les ajuster et de recentrer les dépenses sur les actions essentielles.
L’objectif affiché est clair : privilégier des projets à fort impact pour les citoyens, qui attendent avant tout des routes praticables, de l’eau potable et des villes plus propres, plutôt que des promesses irréalisables.
Jeremy Ahossou