Depuis quelques jours, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, évoquant l'installation d'une base militaire étrangère, supposément française, en Guinée. Ces allégations ont rapidement attiré l'attention et provoqué des réactions au sein de la population, déjà sensible à la présence de bases militaires étrangères sur le continent africain.
En réponse, le Général Amara Camara, porte-parole du gouvernement guinéen, a fermement démenti l'existence d'une telle base en Guinée. « Je dis et réitère qu'il n'existe nulle part sur le territoire guinéen, depuis 1958 jusqu'en 2024, une seule portion de notre territoire où il y a un soldat étranger », a-t-il déclaré, qualifiant ces rumeurs d’« insulte » à la souveraineté du pays. Il a souligné que la Guinée, indépendante depuis 1958, n’a jamais autorisé de base militaire étrangère sur son sol, en référence aux tensions fréquentes autour des bases occidentales en Afrique.
Le général Camara a insisté sur le fait que la Guinée "assure par elle-même" la défense de son intégrité territoriale et ne dépend d'aucune force étrangère pour sa sécurité. « La Guinée ne servira pas de base arrière à une force étrangère pour déstabiliser un État voisin », a-t-il ajouté, réaffirmant ainsi la neutralité et l’autonomie du pays.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où la présence de bases militaires étrangères en Afrique, en particulier des bases françaises, est de plus en plus critiquée. Dans plusieurs pays du continent, cette présence est perçue comme une forme de néocolonialisme ou d’ingérence qui alimente l’instabilité locale plutôt que de renforcer la sécurité. La montée des sentiments anti-occidentaux a poussé plusieurs gouvernements africains à exiger le retrait ou la réduction de ces bases sur leur territoire.
Le démenti du général Camara fait suite à une proposition récente de députés français de constituer une commission d'enquête pour examiner les relations sécuritaires entre la Guinée et la France, dans le but de vérifier la supposée présence de militaires français en Guinée. Cette initiative en France est perçue par certains observateurs comme une ingérence dans les affaires internes guinéennes, exacerbant encore davantage la méfiance de la population guinéenne envers les intentions occidentales en Afrique.
Ce démenti catégorique renforce la position de la Guinée, qui reste fermement attachée à sa souveraineté et à sa politique de neutralité en matière de défense. La question des bases militaires étrangères continue d'alimenter les débats en Afrique, et la Guinée semble déterminée à se démarquer en refusant toute influence militaire extérieure sur son territoire.
Jeremy Ahossou