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Senegal - Le groupe parlementaire PASTEF rejette encore le projet de loi de finances rectificative 2026

last updated: Saturday, October 31, 2026 1:48 AM
Source: Nouvelle Afrique

Ousmane Sonko, Président de l'Assemblée Nationale, Leader de PASTEF-Les Patriotes

Nouveau coup de théâtre à l’Assemblée nationale. Réunie ce vendredi 30 octobre 2026, la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a rejeté à la majorité le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l'année 2026. Un camouflet pour le Gouvernement, intervini après le renvoi du texte qu'il avait lui-même sollicité.

Au cœur du blocage : des réponses ministérielles jugées largement en deçà des attentes. Malgré la transmission, ce 30 octobre, des clarifications du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan en réponse au mémorandum adressé par la Commission le 26 octobre dernier, la majorité parlementaire estime que le compte n'y est pas. Pire, le texte soumis aux députés n'a subi aucune modification par rapport à sa version initiale.

Face à cette immobilité, le groupe parlementaire PASTEF - Les Patriotes a tranché en refusant de cautionner le document en l'état.

Dans une déclaration rendue publique à l'issue des travaux, les parlementaires de PASTEF dénoncent de lourdes divergences de fond : « Les réponses apportées par le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan demeurent insuffisantes et insatisfaisantes. Le Gouvernement n'a apporté aucune modification au PLFR présenté lors du premier examen en Commission. Les principaux désaccords portent notamment sur le manque de sincérité budgétaire concernant le déficit et la dette, ainsi que sur l'inefficacité des mesures de lutte contre la cherté de la vie. »

Le groupe parlementaire pointe également du doigt l'incohérence des choix en matière d'investissements publics et de priorités sociales, sans oublier la question clé de la gouvernance financière. Les députés déplorent un « déficit de transparence », matérialisé par le refus obstiné du pouvoir exécutif de transmettre plusieurs documents d'évaluation cruciaux, parmi lesquels le rapport Forvis Mazars, le rapport de l'IGF sur la dette non financière, le rapport d'exécution budgétaire de septembre 2026, ou encore la liste des structures publiques bénéficiant de transferts financiers. Le refus de rationaliser les agences de l'État et d'encadrer les fonds spéciaux figure aussi au rang des griefs majeurs.

Malgré ce bras de fer tendu, le groupe parlementaire ne ferme pas complètement la porte : « Malgré cette position rigide du Gouvernement, le Groupe parlementaire PASTEF - Les Patriotes réitère sa disponibilité à un dialogue constructif afin de parvenir à un budget sincère, réaliste et orienté vers les préoccupations économiques et sociales prioritaires des Sénégalais. »

La balle est désormais dans le camp de l'exécutif, qui devra revoir sa copie pour espérer débloquer la situation financière de l'État d'ici la fin de l'exercice budgétaire.

Cyril DAKPITI


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