Réunis à Nairobi les 11 et 12 mai 2026 autour du sommet « Africa Forward », plusieurs dirigeants africains, acteurs économiques et représentants de la société civile ont échangé avec le président français Emmanuel Macron sur l’avenir des relations entre la France et l’Afrique. Présenté comme une nouvelle étape de coopération, ce rendez-vous a cependant suscité de nombreuses critiques, notamment de la part de l’économiste togolais Kako Nubukpo.
Intervenant dans les médias après la rencontre, l’ancien ministre togolais a estimé que ce sommet ressemblait davantage à une « cérémonie d’adieu » qu’à un véritable renouveau diplomatique. Selon lui, l’événement manquait de cohérence entre les débats intellectuels, les échanges économiques et les discussions politiques. Il reproche au président français de ne jamais avoir réussi à définir une ligne claire dans les relations entre Paris et les pays africains.
Kako Nubukpo s’est également interrogé sur la présence de nombreux chefs d’État africains à Nairobi, malgré les tensions récentes entre certains régimes et la France. Pour l’économiste, cette participation s’explique à la fois par des intérêts géopolitiques et par des réflexes historiques encore présents dans les relations entre l’Afrique et l’ancienne puissance coloniale. Il souligne toutefois que plusieurs pays africains diversifient désormais leurs partenariats vers des puissances comme la Chine, la Turquie ou encore l’Inde.
L'universitaire togolais estime que la volonté d’Emmanuel Macron de faire du secteur privé le principal moteur des relations franco-africaines risque de ne pas suffire à relancer l’influence française sur le continent. À ses yeux, la France traverse une période de transition stratégique en Afrique, sans vision clairement définie pour l’avenir.
Il faut souligner que le sommet de Nairobi laisse l’image d’une relation en quête de nouveau souffle, mais dont les contours restent encore flous.
Jeremy Ahossou