Un peu plus de deux mois après le coup d’État du 26 novembre, un climat de détente commence à se dessiner en Guinée-Bissau. Les autorités militaires ont procédé, vendredi 30 janvier, à la libération de l’opposant Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC, arrêté le jour du putsch contre le président Umaro Sissoco Embalo. Sa sortie de détention marque un tournant symbolique dans un contexte politique jusque-là marqué par de fortes tensions.
Libéré grâce à la médiation du ministre sénégalais de la Défense, arrivé à Bissau la veille, Domingos Simoes Pereira a été reconduit à son domicile sous escorte. S’il a salué l’ouverture d’une « page de décrispation » et appelé au dialogue, l’opposant demeure toutefois en résidence surveillée, restant visé par des accusations de détournement de fonds publics. En toile de fond, la situation d’autres figures politiques, dont Fernando Dias, réfugié à l’ambassade du Nigeria, continue d’alimenter les discussions.
Ce geste s’inscrit dans une dynamique plus large d’apaisement, illustrée également par la libération de plusieurs détenus politiques, parmi lesquels l’ancien Premier ministre Geraldo Martins. Ces décisions font suite aux pressions diplomatiques régionales, notamment celles de la Cédéao, dont les dirigeants avaient plaidé pour une transition courte et inclusive.
Les militaires au pouvoir ont par ailleurs annoncé la tenue des prochaines élections présidentielle et législatives le 6 décembre, ouvrant la voie à un retour progressif à l’ordre constitutionnel.
Jeremy Ahossou