Au Togo, le différend foncier de Latékopé continue d’alimenter l’actualité. Le journaliste Roger Amémavoh, l’un des premiers à médiatiser l’affaire, a annoncé avoir été convoqué à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). À l’issue de cette audition, il a déclaré avoir déposé « une plainte contre X », dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de ce dossier.
Dans une vidéo publiée en début de semaine, il a précisé que son passage à la DCPJ s’est fait « sur instruction du ministre de la Sécurité et de la protection civile ». Selon ses explications, les échanges ont porté sur les conditions de sa sécurité. « J’y suis entré à 8h30 pour une sortie à 11h30. Au terme de nos échanges, j’ai déposé plainte contre X », a-t-il indiqué, ajoutant que la rencontre s’est déroulée dans de bonnes conditions.
Le journaliste affirme avoir reçu l’assurance de la disponibilité du directeur de la DCPJ « à tout moment, jour et nuit », tout en rappelant que « le premier policier d’une personne en danger, c’est la personne elle-même ». Conscient des risques liés à sa prise de position, il reconnaît qu’il ne peut plus « vivre normalement comme Monsieur Tout-le-Monde » et qu’il doit désormais observer des règles strictes pour garantir sa sécurité.
Dans sa déclaration, Roger Amémavoh a également salué la réaction des autorités, notamment celle du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, évoquant « l’humanité et la lucidité » manifestées selon lui dans la gestion du dossier. Il a toutefois regretté que des polémiques aient détourné l’attention des questions de fond liées au code foncier de 2018 et aux conditions d’attribution des 92 hectares en cause. Ancien journaliste de LCF et passé par Vox Africa, il dit attendre des réponses claires sur les responsabilités engagées dans cette affaire.
Jeremy Ahossou