Réunis à Lomé les 27 et 28 janvier 2026, les acteurs du marché financier régional ont été appelés à renforcer le recours aux ressources internes pour financer le développement. À l’ouverture des Rencontres du marché des titres publics (REMTP), le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a présenté ce mécanisme comme un pilier stratégique permettant aux États de l’UEMOA de préserver leur souveraineté financière face au durcissement des conditions de financement internationales.
Selon le ministre, le marché des titres publics offre aux pays de l’Union la possibilité de soutenir leurs politiques publiques de manière autonome, dans un contexte marqué par la volatilité des capitaux extérieurs et la hausse du coût de la dette internationale. Il a ainsi insisté sur la nécessité de mobiliser davantage l’épargne intérieure afin de bâtir un modèle de financement « plus endogène et plus résilient », mieux adapté aux réalités économiques régionales.
Les chiffres présentés lors des rencontres témoignent de la montée en puissance de ce marché, qui a mobilisé près de 11 900 milliards de francs CFA en 2025, contre un peu plus de 5 000 milliards trois ans auparavant. Pour le Togo, les émissions réalisées entre 2021 et 2024, estimées entre 500 et 700 milliards de francs CFA par an, ont permis de couvrir jusqu’à 110 % des besoins annuels de financement, contribuant notamment aux investissements publics, aux infrastructures et aux dépenses sociales.
Au plan régional, la BCEAO a souligné l’urgence d’élargir la base d’investisseurs afin de renforcer la capacité d’absorption du marché et d’améliorer la liquidité du marché secondaire. Son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, a mis en avant les progrès de l’inclusion financière, dont le taux d’accès est passé de 45 % en 2016 à près de 75 % en 2025, avec l’ambition d’atteindre plus de 90 % d’ici 2030, un objectif jugé déterminant pour consolider durablement le financement des économies de l’UEMOA.
Jeremy Ahossou