L'affaire dite de « détournement de deniers publics, complicité, faux et usage de faux, liés au morcellement et à l'attribution de parcelles dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou », impliquant l'ancien maire du District de Bamako, Adama Sangaré, et huit autres co-accusés, se poursuit au Pôle National Économique et Financier. Après l'audition des accusés, place désormais aux témoins, à partir d’aujourd’hui, lundi 19 octobre 2026.
L'accusé Bourama Komagara, promoteur immobilier à Sikoro-Sourakabougou, poursuivi pour complicité de détournement de deniers publics avec Adama Sangaré, comparu à la barre pour donner sa part de vérité, n'a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés.
Il soutient : « c'est le maire qui a procédé à tous ces morcellements, grâce à la confiance placée en l'administration ».
Quant à Fatoumata Samassékou, poursuivie pour complicité de détournement de deniers publics, reproché à Adama Sangaré, elle non plus n'a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés, en ces termes : « J'ai remis tous mes papiers à Komagara, c'est lui qui est allé voir le maire pour vérifier les documents. Et il a procédé aux morcellements sur ordre du maire du District de Bamako, Adama Sangaré ».
En ce qui concerne Adam Aïché Traoré, poursuivie pour complicité d'atteinte aux deniers publics de l'État, reprochée à Adama Sangaré, elle déclare : « Je ne reconnais pas les faits d'accusation qui me sont reprochés. Nous avons fourni tous les papiers qui attestent de la régularité de nos parcelles. Après vérification, il nous a confirmé la véracité des documents fournis ».
Pour sa part, Sékou Keïta, accusé de complicité d'atteinte aux deniers publics de l'État reprochée à Adama Sangaré, affirme :
« Je confirme avoir procédé au morcellement, et j'en ai obtenu 36 parcelles. C'est lors des interrogatoires que j'ai été informé que notre champ faisait partie de la zone aéroportuaire, sinon je ne le savais pas. Des inconnus voulaient s'accaparer du champ, c'est à ce moment que j'ai saisi la mairie. Et c'était pour préserver le bien familial ».
Enfin, la confrontation des accusés et l'audition des témoins ont commencé ce lundi.
Amadou Traoré