Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara était assassiné à Ouagadougou avec douze de ses compagnons. Trente-neuf ans après sa disparition, l’ancien président du Burkina Faso demeure une figure emblématique de la souveraineté africaine, de la justice sociale et de l’indépendance économique. Son passage au pouvoir, entre 1983 et 1987, a été marqué par des réformes visant à réduire la dépendance extérieure et à renforcer l’autonomie du pays.
Durant ses quatre années de gouvernance, Thomas Sankara avait accordé une place importante à la santé, à l’éducation, à l’agriculture et aux droits des femmes. Des campagnes de vaccination, des initiatives d’alphabétisation et des actions en faveur de la production locale avaient été engagées. En 1984, il avait également rebaptisé la Haute-Volta en Burkina Faso, un nom symbolisant son ambition de bâtir une nation fondée sur la dignité et l’intégrité.
Sur le plan international, il défendait une Afrique capable de maîtriser ses ressources et de prendre ses propres décisions économiques. Son appel à une position commune des États africains face à la dette, lancé en 1987, illustrait cette vision. Toutefois, son régime a aussi été marqué par des restrictions des libertés politiques et des critiques liées aux méthodes employées contre les opposants, des aspects qui font partie du bilan de la révolution sankariste.
La justice a condamné Blaise Compaoré par contumace à la prison à perpétuité en avril 2022 pour son rôle dans l’assassinat de Sankara. En 2023, l’ancien président a été élevé au rang de héros de la Nation, avant l’inauguration d’un mausolée en hommage à lui et à ses douze compagnons en mai 2025.
Aujourd’hui, la lutte contre la corruption, l’émancipation des femmes et la souveraineté économique restent au cœur de son héritage, tout comme la question de concilier les transformations sociales avec le respect des libertés fondamentales.
Jeremy Ahossou