Le Vérificateur général a remis officiellement les rapports de vérification des exercices 2024 et 2025 au Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. La cérémonie solennelle s’est tenue, ce mercredi, au palais de Koulouba, en présence du Premier ministre, du Président du Conseil national de Transition, des présidents des Institutions de la République, des membres du Gouvernement et du corps diplomatique.
Cette double remise s’explique par le changement de mandat intervenu en 2025 au Bureau du Vérificateur général (BVG).
Selon les données présentées, le BVG a réalisé 94 missions de vérification en 2024 et 2025, ayant notamment permis la régularisation et le versement de plus de 2,4 milliards de FCFA au Trésor public. En outre, 40 dossiers portant sur des faits susceptibles de constituer des infractions pénales et financières ont été transmis aux autorités judiciaires compétentes.
Le rapport 2024 rassemble les résultats de 44 missions menées dans plusieurs secteurs, notamment le développement rural, la santé et les transports. Les contrôles ont mis en évidence plusieurs insuffisances, parmi lesquelles la mauvaise tenue de la comptabilité-matières, l’absence de manuels de procédures validés et l’ouverture irrégulière de comptes bancaires publics.
Quant au rapport 2025, il présente une analyse thématique des 50 missions réalisées. Le Vérificateur général a souligné l’implication des citoyens et des institutions dans le processus de contrôle, près de 80 % des saisines provenant de ces acteurs.
En recevant les rapports, le Président de la Transition a salué la qualité et la régularité des travaux du BVG, qu’il considère comme des indicateurs du fonctionnement des mécanismes de contrôle de l’État. Il a toutefois rappelé que si toute insuffisance administrative ne constitue pas nécessairement un acte de corruption, les manquements graves et les pratiques contraires à l’intérêt public ne doivent pas rester impunis.
Le Chef de l’État a également appelé au renforcement des mesures préventives, notamment par l’intégration progressive des missions de vérification dans les dispositifs de contrôle interne et par la formation du personnel. Il a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre le BVG et les structures judiciaires et financières afin de garantir un traitement rigoureux des dossiers transmis.
De plus, le Général d’Armée Assimi Goïta a exhorté les gestionnaires publics à faire de l’intégrité une exigence quotidienne, dans le but de protéger les ressources de l’État et de préserver sa capacité d’action au service de la souveraineté nationale.
Amadou Traoré