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Togo - l’opposition relance le débat sur une transition politique

last updated: Tuesday, August 25, 2026 1:58 PM
Source: NEW AFRIQUE

Quelques responsables de l'opposition et de la société signataires du Memorandum

Un collectif de partis politiques de l’opposition, d’organisations de la société civile et de regroupements citoyens propose une nouvelle voie pour sortir de la crise politique au Togo. Lors d'une conférence  de presse tenue ce mardi 25 août 2026 à Lomé, ils ont présenté mémorandum demandent l’ouverture d’une transition politique à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle de 2024. Le document, intitulé « Mémorandum pour une sortie de crise au Togo à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur le changement anticonstitutionnel de gouvernement », présente plusieurs propositions destinées à rétablir, selon ses auteurs, l’ordre constitutionnel et démocratique.


Les signataires fondent leur démarche sur une lecture critique de l’évolution institutionnelle du Togo depuis l’adoption de la Constitution de 1992. Ils reviennent notamment sur les réformes constitutionnelles de 2002 et de 2019, avant d’évoquer le changement constitutionnel intervenu en 2024. Selon le mémorandum, ces différentes modifications auraient progressivement affaibli les mécanismes garantissant l’alternance politique. Les auteurs estiment ainsi que l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO constitue une nouvelle donne juridique et politique nécessitant une réponse nationale.


Le document place au centre de ses propositions l’ouverture d’une transition politique. Celle-ci devrait, selon les signataires, permettre d’engager les réformes institutionnelles nécessaires au « rétablissement de l’ordre démocratique et de l’État de droit ». Le mémorandum fixe également plusieurs priorités, notamment « le respect effectif de la souveraineté populaire », la stabilité des règles constitutionnelles, la réforme des forces de défense et de sécurité, la séparation réelle des pouvoirs ainsi que la garantie des libertés et des droits fondamentaux.


Les auteurs du mémorandum associent à cette transition des mesures à caractère politique et social. Ils souhaitent notamment qu’elle permette de répondre aux urgences sociales et sécuritaires, mais aussi de favoriser la « libération des détenus politiques » et le « retour des exilés politiques ». La démarche doit également, selon eux, aboutir à une « refondation de la République ». Sur le plan international, ils sollicitent l’accompagnement de la CEDEAO, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des États-Unis et des Nations unies dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel.


Le mémorandum est porté par plusieurs formations politiques et organisations de la société civile. Parmi les premiers requérants figurent l’Association des Victimes de Torture au Togo (ASVITTO), représentée par Monzoulowè B. E. Atcholi Kao, la Coalition de la Diaspora Togolaise pour l’Alternance et la Démocratie (CODITOGO), représentée par Raphaël Gbadoé, et la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), représentée par Me Célestin G. Kokouvi Abrogan.
 

La liste des signataires comprend également l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), avec le professeur Aimé Gogué, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), avec Jean-Pierre Fabre, la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), avec Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Les Démocrates (LD), avec Nicodème Habia, ainsi que les Démocrates Socialistes Africains (DSA), représentés par N’Wakin Targone Sambiri, les Forces Démocratiques pour la République (FDR), avec Me Paul Dodji Apévon, le Parti des Togolais, avec Nathaniel-Erasmus Olympio, et le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), avec le professeur Komi Wolou.
 

À cette liste s’ajoutent le Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC), représenté par le professeur David Ekoué Dosseh, ainsi que les regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo (MGT) : la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK – originale), représentée par Thomas Kokou Nsoukpoé, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), représentée par Komla Gérard Adja, Lumière pour un Développement dans la Paix (LDP), représentée par Tchagnaou Ouro-Akpo, et « Touche Pas A Ma Constitution », représenté par Jean Kissi. 

Au terme du mémorandum, les signataires appellent le peuple togolais et les « personnes de bonne volonté » à une mobilisation citoyenne pour restaurer l’ordre constitutionnel et mettre à profit, selon eux, l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO afin de parvenir à une sortie durable de la crise.

 

Jeremy Ahossou 


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