Les informations faisant état d'exécution sommaire de militaires maliens capturés lors de l’attaque d’un convoi de l’armée dans la région de Gao suscitent une vive inquiétude. Alors que l’Organisation des Nations unies appelle à l’ouverture d’une enquête, l’absence de réactions concrètes des principales juridictions internationales alimente les interrogations sur cette barbarie qui n'est autre chose qu'un crime de guerre.
L’embuscade, survenue le 18 juillet dans le secteur de Tabrichat, a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Selon plusieurs sources, des militaires maliens ont perdu la vie au cours de cette attaque contre un convoi reliant Anéfis à Gao. Parmi eux, certains auraient été exécutés sommairement par les groupes armés terroristes, alors qu’ils étaient désarmés et s’étaient rendus.
Des vidéos diffusées sur les réseaux attribués aux jihadistes montrent des prisonniers assis ou couchés au sol avant d’être abattus. Plusieurs observateurs identifient parmi les combattants présents Hamza Ag Iyad, présenté comme l’un des fils d’Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM.
En droit international humanitaire, les prisonniers de guerre bénéficient d’une protection stricte. Leur exécution constitue un crime de guerre. Des responsables de groupes armés alliés aux autorités maliennes affirment que les soldats concernés s’étaient rendus après l’immobilisation de leur véhicule, enlisé à l’arrière du convoi.
À ce jour, les Forces armées maliennes n’ont pas officiellement réagi à ces accusations. Dans un communiqué publié après l’attaque, l’état-major s’était limité à indiquer que des frappes aériennes avaient permis au convoi de se dégager et de poursuivre sa mission, sans communiquer de bilan détaillé.
Pour le moment, il y a eu aucune réaction des juridictions internationales sur ces exécutions sommaires.
Cependant, hier, l'ONU a demandé une enquête sur la mort de dizaines de soldats maliens après cette attaque du convoi de l'armée malienne dans le nord du pays.
Amadou Traoré