L'Afrique poursuit sa transformation numérique avec une forte progression des services en ligne, des paiements électroniques et de l'accès à Internet. Toutefois, cette évolution s'accompagne d'une montée inquiétante de la cybercriminalité, dont le coût économique direct est estimé à au moins 5 milliards de dollars en 2025, selon un récent rapport d'INTERPOL.
L'étude, réalisée dans 36 pays africains, révèle une nette aggravation des attaques informatiques. Les pertes financières déclarées sont passées de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions en 2025, tandis que le nombre de victimes a plus que doublé en un an. Les escroqueries en ligne restent les plus fréquentes, mais les attaques ciblant les entreprises, les comptes bancaires et les identités numériques gagnent également du terrain.
Le rapport met aussi en garde contre l'usage croissant de l'intelligence artificielle par les cybercriminels. Les deepfakes, les faux contenus numériques et les attaques de type « Business Email Compromise » sont de plus en plus utilisés pour tromper les victimes, détourner des paiements et mener des opérations de fraude à grande échelle. Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique australe, la cybercriminalité représente désormais plus de 30 % des infractions enregistrées.
Malgré des investissements estimés à 15,3 milliards de dollars dans la cybersécurité en 2025, INTERPOL estime que les dispositifs de protection restent insuffisants face à l'évolution rapide des menaces. L'organisation appelle ainsi les États africains à renforcer leurs infrastructures numériques, leurs cadres réglementaires et les actions de sensibilisation afin de mieux protéger l'économie numérique du continent.
Jeremy Ahossou