L’ancien président sénégalais Macky Sall a officiellement manifesté son ambition de diriger l’Organisation des Nations unies. Dans une lettre adressée à la présidence de l’Assemblée générale, accompagnée de son curriculum vitae, il expose ses motivations et les grandes lignes de son projet. Le document a été transmis par le représentant du Burundi auprès de l’ONU, alors que ce pays assure la présidence tournante de l’Union africaine.
Dans son courrier daté du 2 mars, l’ancien chef d’État dresse un tableau préoccupant de la situation mondiale. Il évoque la multiplication des conflits, l’aggravation de certaines crises et le poids croissant de l’endettement qui fragilise de nombreux pays en développement. Selon lui, malgré les critiques, l’ONU reste un espace incontournable de concertation internationale, à condition d’engager des réformes profondes pour l’adapter aux défis contemporains, qu’il s’agisse des pandémies ou des mutations technologiques.
Pour répondre à ce qu’il qualifie de crise « systémique », Macky Sall met en avant son parcours à la tête du Sénégal, mais aussi ses responsabilités régionales, notamment au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et de l’Union africaine. Il insiste sur une méthode basée sur l’écoute, le dialogue et le pragmatisme, qu’il présente comme le socle de son engagement politique depuis ses débuts à la mairie de Fatick jusqu’à la magistrature suprême.
Son projet s’articule autour de trois priorités majeures : promouvoir une approche globale liant paix, sécurité et développement ; redonner souffle au multilatéralisme ; et améliorer la gouvernance interne des Nations unies. Il se prononce en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité qu’il souhaite « réaliste et consensuelle », sans toutefois en préciser les modalités. Par cette candidature, Macky Sall entend, dit-il, contribuer à restaurer la confiance dans le système multilatéral.
Jeremy Ahossou