Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé le 27 août la tenue prochaine d’un dialogue national visant à trouver des réponses aux différentes crises qui frappent le pays, notamment l’insécurité persistante dans l’Est. Le processus devrait commencer par des consultations dans les chefs-lieux des provinces avant une phase finale à Kinshasa.
Selon le chef de l’État, ces consultations seront ouvertes aux Congolais de toutes les sensibilités, y compris ceux de la diaspora. Les groupes armés en seront toutefois exclus. Félix Tshisekedi assure également que le dialogue ne remettra pas en cause les institutions de la République et que l’ensemble du processus ne devrait pas dépasser trois mois.
Cette initiative est cependant contestée par l’opposition. La Coalition Article 64 (C64) estime que les consultations annoncées ne répondent pas aux exigences d’un véritable dialogue national inclusif. Elle réclame un cadre consensuel, des garanties d’inclusivité et un débat portant sur les causes profondes des crises sécuritaire, politique et sociale. L’opposition reste également fermement opposée à toute modification de la Constitution susceptible, selon elle, de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat au-delà de 2028.
Le président congolais a par ailleurs exclu la participation du M23 aux pourparlers, estimant que l’accord de paix signé à Washington constitue le cadre approprié pour traiter avec ce groupe armé soutenu par le Rwanda. Cette position ne fait pas l’unanimité, certaines forces de l’opposition souhaitant que le dialogue inclue également des représentants du M23 et du camp de l’ancien président Joseph Kabila. Malgré l’accord de paix, les combats se poursuivent dans l’Est du pays.
Jeremy Ahossou