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Africa - Union africaine : Mahmoud Ali Youssouf appelle à une réforme urgente de l’architecture de paix et de sécurité

last updated: Sunday, August 30, 2026 11:36 PM
Source: Nouvelle Afrique

Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA

Face à la multiplication des foyers de crise sur le continent, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, plaide pour une refonte profonde des mécanismes africains de prévention et de gestion des conflits. Il s’est exprimé ce dimanche matin à Luanda, à l’ouverture de la 21e Assemblée extraordinaire de l’organisation.

L’Union africaine veut revoir ses mécanismes de réponse aux crises qui secouent le continent. Prenant la parole lors de la 21e Assemblée extraordinaire de l’UA à Luanda, le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une « réforme urgente » de l’architecture africaine de paix et de sécurité.

Du Soudan à l’Est de la République démocratique du Congo, en passant par le Sahel, la Libye, le nord du Mozambique et Madagascar, les crises se multiplient et s’inscrivent souvent dans la durée. À ces conflits s’ajoutent des menaces transnationales telles que le terrorisme, l’extrémisme violent, la piraterie, la criminalité organisée et la traite des migrants.

Pour Mahmoud Ali Youssouf, l’Afrique ne peut plus se contenter de réagir une fois les crises installées. La prévention doit désormais constituer le cœur de l’action continentale. « La prévention doit devenir notre priorité », a-t-il déclaré, appelant à la mise en place d’un système de prévention « plus précis » et « plus efficace », aussi bien au niveau de l’Union africaine que dans les États membres.

Cette approche doit notamment s’appuyer sur le Fonds pour la paix de l’UA, présenté comme désormais pleinement opérationnel. L’enjeu consiste à donner au continent les moyens d’anticiper les tensions, d’identifier plus rapidement les risques de déstabilisation et d’intervenir avant que les crises ne dégénèrent.

Le président de la Commission de l’UA a également insisté sur l’importance des communautés économiques régionales et des mécanismes régionaux dans la diplomatie préventive.

Selon lui, la coordination entre le Conseil de paix et de sécurité (PSC), la Commission de l’Union africaine, les États membres et les organisations régionales demeure indispensable. Une concertation permanente doit permettre d’éviter les réponses dispersées et de renforcer la capacité du continent à faire face collectivement aux crises.

Cette coordination apparaît d’autant plus nécessaire que les conflits africains présentent désormais des dimensions multiples, mêlant enjeux sécuritaires, politiques, économiques, humanitaires et transfrontaliers.

 

« Fermeté » et dialogue

Mahmoud Ali Youssouf a par ailleurs rappelé la position de l’Union africaine face aux crises et aux violations des principes continentaux. L’organisation entend conjuguer fermeté et recherche de solutions négociées. « La fermeté dans la défense des normes de l’UA, en même temps que le dialogue et le soutien », a-t-il souligné.

Une ligne qui traduit la volonté de l’organisation panafricaine de préserver ses principes tout en privilégiant les instruments diplomatiques et politiques pour résoudre les différends.

La 21e Assemblée extraordinaire de l’Union africaine constitue ainsi un moment important pour l’avenir du dispositif continental de paix et de sécurité. Les chefs d’État et de gouvernement doivent notamment engager une évaluation stratégique de l’efficacité des mécanismes existants.

L’objectif est de déterminer ce qui fonctionne, d’identifier les insuffisances et d’adapter les outils africains aux nouvelles réalités sécuritaires du continent.

Les travaux se tiennent sous la direction de João Manuel Gonçalves Lourenço, président de la République d’Angola et champion de l’UA pour la paix et la réconciliation en Afrique. La présidence de l’Assemblée est assurée par Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi.

Au-delà des décisions qui pourront être prises à Luanda, le message porté par Mahmoud Ali Youssouf est celui d’une transformation de fond. Face à des crises devenues plus complexes et à des menaces qui ignorent les frontières, l’Union africaine entend renforcer sa capacité à anticiper plutôt qu’à subir. « Il s’agit d’une initiative à long terme », a-t-il rappelé, soulignant qu’elle nécessite une réforme « inébranlable » de l’architecture africaine de paix et de sécurité.

Pour l’organisation continentale, le défi est désormais de traduire cette ambition politique en mécanismes opérationnels capables d’anticiper les crises, de mobiliser rapidement les ressources nécessaires et de faire de la prévention un véritable instrument de stabilité en Afrique.

Cyril DAKPITI


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